Meilleurs voeux

 

2016 aura été l’année du rejet de la gouvernance des bâtons et des carottes, l’année 2017 se présente à nous comme celle de la recherche de ce qui fait sens pour les citoyens et de la boussole qui nous y orientera.

Les évènements politiques (insurrection populaire et normalisation politique à travers les dernières élections nationales et locales) qu’a connus le Burkina Faso n’ont dissipé ni les inquiétudes ni les interrogations des Burkinabè quant au type de société et de développement souhaité. Ici et là, des citoyens organisés en OSC ou en mouvements insurrectionnels rappellent à tout détenteur de petite ou grande parcelle de pouvoir que « plus rien ne sera comme avant » ; signifiant par-là que le temps de la gestion du pouvoir sur le modèle du berger conduisant son troupeau de moutons avec un seul bâton est révolu. Est révolue également l’époque de la conduite de 100 citoyens avec 100 bâtons. Les citoyens d’ici et d’ailleurs ont cessé d’être ce troupeau paissant sous la houlette du berger fouettard.

La termitière autrefois organisée autour de la reine-mère a reçu un coup de pioche. Les termites se sont dispersés partout, devenant des fourmis magnans. Tous des insurgées indomptables. C’est l’ère du citoyen « prends-moi, mais ne me touche pas ». La gestion des dirigeants à tous les niveaux est ainsi remise en cause. Pourtant, comme le rappelle Henry Ford, « Se réunir est un début ; rester ensemble est un progrès ; travailler ensemble est la réussite ».

Il est donc urgent de nous remobiliser pour rechercher la boussole qui nous indiquera le mode de gouvernance le plus adapté. Cette gouvernance et cette boussole se trouvent inscrits dans les aspirations profondes de chaque citoyen/citoyenne. Seul l’État de droit permet de réguler l’expression plurielle et de rétablir « l’harmonie des contraires ».
Cette harmonie n’est pas un fantôme, encore moins un mirage. Il est notamment dans :

- chaque concession où le minimum vital est garanti ;

- chaque école où éducateur/éducatrice et élèves ne sont pas exposés à l’harmattan, la pluie, la chaleur, les serpents ;

- chaque centre de santé où les soins ne se résument plus à la distribution d’ordonnances obligeant les patients à se rabattre sur les médicaments de la rue ;

- chaque commune où les cimetières de sachets et d’immondices seront remplacés par des bosquets et des aires aménagés, etc.

Bref, chacune de ces conditions d’existence relève du droit et du devoir de chaque citoyen/citoyenne au quotidien. C’est à ce prix que l’État de droit se consolidera. C’est à ce titre que nous devrons demander des comptes aux gouvernants. Pour 2017, engageons-nous à assurer notre part de responsabilité, en exigeant que l’État fasse le sien, car comme le dit ce proverbe africain, « Marche en avant de toi-même, comme le chameau qui guide la caravane ».

Bonne année 2017 !!!!!!!!!

Raogo Antoine SAWADOGO

Président du Laboratoire Citoyennetés

Ouagadougou, le 30 décembre 2016

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